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Cinq essentiels du voyageur responsable

Mis à jour le 3 août 2021

Depuis 2020, nous voyageons chez nous comme jamais! Le contexte actuel nous offre une occasion inédite de découvrir nos ressources naturelles, culturelles et sociales. Mais nous ne pouvons pas faire comme si elles étaient inépuisables. Heureusement, nous comprenons de mieux en mieux comment les préserver.

Voici quelques gestes simples pour minimiser l’impact de vos voyages et en augmenter les retombées pour les territoires qui vous accueillent. Ils sont grandement inspirés d’un entretien avec Olivier Côté Vaillancourt, directeur général du parc régional du Mont-Saint-Joseph, situé à Carleton-sur-Mer, en Gaspésie.

 

Vivre une expérience régionale

Passez au moins quelques jours à vous délecter des nombreux plaisirs qu’un territoire vous offre : voilà l’invitation qu’Olivier Côté Vaillancourt vous lance. Parti de Québec pour s’installer en Gaspésie, Olivier croit dur comme fer à la valeur d’un séjour autour d’un camp de base, où l’on apprend à connaître une destination en profondeur. Vous ferez ainsi d’une pierre deux coups en contribuant de façon substantielle à l’économie régionale et en réduisant vos émissions de gaz à effet de serre grâce à de moins longs déplacements. Et surtout, vous trouverez votre bonheur sur place plutôt que de passer de longues heures sur la route.

Prenez le temps de bien vous informer sur les attraits de la région ciblée avant de partir. Soyez curieux. Rationalisez vos déplacements et faites appel le plus souvent possible aux navettes et aux autres modes de transport actif, collectif ou collaboratif.

Acquitter les frais d’accès

Les frais d’accès à un site constituent une source de revenus dont l’organisme gestionnaire ne peut se passer. « Quand je vois des gens ne pas payer les droits d’accès au parc régional et qu’on se retrouve dans le rouge, je trouve que ce n’est pas responsable de leur part », commente Olivier Côté Vaillancourt. Ces revenus sont réinvestis dans le développement et l’entretien des sites, des sentiers et des infrastructures d’accueil et d’hébergement. Ils servent donc à rendre accessibles et sécuritaires les lieux que vous visitez tout en assurant la protection des milieux naturels qui leur servent d’écrin. Des projets de développement peuvent également voir le jour et rehausser par la même occasion ce que chaque région est en mesure de vous offrir. Dans le cas de Carleton-sur-Mer, explique Olivier Côté Vaillancourt, les revenus autonomes venant des droits d’accès au parc régional sont nécessaires pour redonner ses lettres de noblesse à la chapelle qui se trouve au sommet du mont Saint-Joseph et qui constitue un attrait touristique fort populaire.

Il arrive même que des parcs doivent augmenter les frais d’accès pour réaliser des travaux d’aménagement ou d’entretien rendus nécessaires en raison de l’affluence des visiteurs ou d’infrastructures mal adaptées à un grand achalandage. D’autres parcs ont des points d’accès non contrôlés ou exigent que les frais soient payés en ligne. Des visiteurs mal informés peuvent ainsi croire à tort que l’accès est gratuit. En planifiant votre voyage, pensez à vous informer au sujet des frais d’accès. Sont-ils payables en ligne ou aux points d’entrée du parc? Si le nombre d’entrées quotidiennes est limité, vous songerez probablement à faire votre achat au plus tôt. Prenez le temps de vous renseigner pour bien comprendre le bien-fondé des frais d’accès et des autres frais à prévoir (frais de stationnement, achat de bois pour les feux de camp, location de réchaud portable, etc.).

Verser un don à un organisme de la région

Votre voyage vous apportera un tas de bienfaits et vous fera vivre des coups de cœur. Il vous renseignera aussi sur les problèmes qui touchent les écosystèmes locaux et sur les solutions qui sont mises en œuvre pour protéger la biodiversité de la région. Si vous voyagez à des fins professionnelles, vous tirerez peut-être un revenu d’images que vous capterez ou de contenus que vous créerez pour les réseaux sociaux.

Avez-vous déjà pensé à soutenir un organisme gestionnaire d’un parc ou un organisme de conservation actif dans la région que vous visitez? En prévoyant un montant pour un don dans votre budget de voyage, vous vous assurerez d’avoir les fonds disponibles pour les verser à l’organisme de votre choix à votre retour. Les organismes de bienfaisance enregistrés en bonne et due forme vous émettront même un reçu qui réduira l’impôt sur votre revenu. D’autres organismes vous offriront la possibilité de contribuer à leur mission ou à un projet par le biais de formules créatives. Par exemple, au parc régional du Mont-Saint-Joseph, c’est par l’achat d’un laissez-passer annuel que vous pouvez soutenir le développement et l’entretien d’un réseau de sentiers tout à fait exceptionnel.

Respecter les droits de passage

Pas moins de soixante propriétaires terriens ont rendu possible le réseau de sentiers à Mont-Saint-Joseph. Partout au Québec, vous pouvez vous attendre à marcher, rouler, grimper et accoster sur des propriétés privées. Les droits de passage sur les terres privées sont négociés par les organismes gestionnaires des sites de plein air. Ils sont toujours susceptibles d’être révoqués, et, par voie de conséquence, de fragiliser des réseaux entiers. C’est d’ailleurs ce qui se passe en Estrie, où « le comportement inadéquat de certains a fini par décourager des propriétaires de laisser passer les marcheurs sur leurs terres privées », expliquait Nadia Fredette, directrice générale des Sentiers de l’Estrie, dans un précédent article (Nous sommes tous des influenceurs... avec nos photos).

Au parc régional du Mont-Saint-Joseph, on rappelle que « circuler sur un terrain privé est un privilège et non un droit ». Préparez votre itinéraire à l’aide de la carte officielle des sentiers d’un parc afin de bien connaître les limites des propriétés privées et de respecter les précieux droits de passage qui vous sont accordés.

Rassembler un maximum d’information à jour

Les parcs régionaux ont la responsabilité d’aménager et de mettre en valeur des territoires tout en préservant des milieux naturels uniques et fragiles. Selon Olivier Côté Vaillancourt, c’est un jeu qui se joue à deux et les visiteurs doivent eux aussi faire leur part pour minimiser les impacts de leurs activités de plein air sur le milieu. Le parc régional du Mont-Saint-Joseph met en pratique les sept principes Sans trace dans l’ensemble de ses opérations et encourage ses visiteurs à faire de même en les sensibilisant aux bonnes pratiques à adopter dans le parc.

Comme Olivier Côté Vaillancourt aime le rappeler : « On ne sait pas toujours qu’on ne sait pas ». Prenez le temps de valider vos informations pour être en mesure de prendre de bonnes décisions sur le terrain. Votre meilleure source sera toujours la source officielle : le parc que vous visitez et ses employés. D’ailleurs, n’hésitez pas à recommander aux employés l’ajout en ligne de certaines informations que vous auriez aimé obtenir avant de partir. Votre avis aidera les prochains visiteurs à prendre la pleine mesure de l’impact de leurs gestes, ce qui n’est pas rien lorsqu’on sait que des dizaines, voire des centaines de personnes suivent les mêmes parcours, jour après jour.

Activez votre propre pouvoir d’influence en publiant des photos qui montrent un comportement responsable sur les réseaux sociaux. Signalez aux employés vos observations sur l’état des sentiers et la signalisation, afin qu’ils puissent améliorer les lieux de façon efficace.

Voyager de manière responsable, on l’apprend un geste à la fois. Pour en savoir plus sur le même sujet, on vous invote à lire aussi « Les 10 meilleurs conseils pour un voyage durable».

Bon voyage!

 

Danielle Landry voit dans l’engouement pour la nature et l’aventure l'occasion de prendre soin du réseau grandissant des parcs régionaux du Québec. Danielle a fondé De ville en forêt dans le but de rehausser le savoir-faire et la fierté des Québécoises et Québécois pour la pratique d’un plein air responsable et durable. De ville en forêt est partenaire de Sans trace Canada et du Leave No Trace Center for Outdoor Ethics, et membre de Tourisme durable Québec.